Non seulement BeBop352 se fait dédicacer un livre sur Cab Calloway (*) écrit par Jean-François Pitet, fan patenté number one du “Hi De Ho Men“, mais il en profite pour se faire tirer le portrait par Cabu, illustrateur dudit ouvrage, autre jazzophile distingué et lui aussi grand amateur de Cab.
A noter dans le livre, deux cédés réunissant un total de cinquante titres de Cab.
Le morceau préféré de BeeB, c’est “I Beeped When I Shouda Bopped”.
On se demande bien pourquoi ?
Ouèche !!
Prof.
(*) “Cab Calloway”, Cabu et Pitet, Éditions BDMusic/Arte Éditions , 2010
La présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur :
La collection Bd Music fait appel à des dessinateurs confirmés ou à de jeunes talents prometteurs qui, en s’inspirant d’une figure du jazz (chanteur, instrumentiste…) composent une véritable partition, illustrée en deux cds, par les choix musicaux d’experts de cette musique…
Un petit chef d’œuvre d’humour et d’intelligence est sorti le 20 juin dernier aux éditions de Bruno Théol, consacré à deux figures emblématiques du jazz et de la bande dessinée, Cabu et Cab Calloway.
Cabu a une connaissance immense du jazz et une véritable passion pour Cab Calloway, le maître de cérémonies du Cotton Club, chanteur, scateur, danseur, compositeur et chef d’orchestre, qui resta fidèle toute sa vie – et elle fut longue et bien remplie – au titre qui lui avait valu la gloire « Minnie the Moocher » : ayant oublié les paroles, il se livra à une improvisation jubilatoire en introduisant dans la chanson des « Hi de ho » qui allaient devenir sa signature.
Prince du « hi de ho », roi des zazous, Cab, à la longue mèche noire, raide et tombante, fut un personnage de la scène et de la musique noires : arrivé à New York à la fin des années vingt, quand le Savoy Ball room est le paradis des danseurs, il s’impose vite : macho, séducteur, maquereau mais aussi musicien confirmé, il fait de son corps son propre instrument, et manifeste une telle folie sur scène qu’il devient une figure de la culture afro-américaine, sophistiquée et urbaine.
La Bd nous raconte tout ce qu’il faut savoir sur ce grand « entertainer », une version scénarisée avec talent au moyen de planches très drôles signées Cabu, mises en couleur par Wozniak (comme dans la collection de Cds qui porte le titre de Cabu Jazz dont la dernière livraison est époustouflante, Lester Young clarinettiste, Barney Kessel, Gil Evans, Art Blakey et les Jazz Messengers).
Cabu est un vrai fan de Cab Calloway tout comme Jean François Pitet qui sait absolument tout de l’artiste et qui lui a consacré un site exhaustif, en français s’il vous plaît, www.thehidehoblog.com : infos, anecdotes et surprises.
Il a d’ailleurs rédigé les pages très précises et illustrées de vignettes de sa collection (visiblement énorme) de la biographie de ce ‘fou chantant’. Il est aussi à l’origine du documentaire inédit passé sur Arte le 4 juillet dernier « Cab calloway, le dandy de Harlem ».
Christian Bonnet s’est chargé avec le talent qu’on lui connaît de faire la sélection musicale et d’établir la discographie. C’est l’un des mérites de ce numéro particulièrement soigné que de nous faire découvrir l’œuvre de Cab Calloway de 1930 à 1953 et d’insister sur son rôle à la tête de grands orchestres, tout en restant un fabuleux vocaliste du scat.
Le deuxième CD est à cet égard absolument fantastique ! Sans être un inconditionnel absolu de Cab, on ne peut que s’émerveiller des années passées aux commandes de cette rutilante machine de l’ère swing, dans laquelle s’illustraient Chu Berry, Dizzy Gillespie, dès 1939. Et en 1941, au plus haut de sa forme, l’orchestre de Calloway comptait de sacrées
pointures comme Cozy Cole, Lammar Wright, Milt Hinton… Dizzy éternel farceur et rebelle à toute discipline, se fit renvoyer lorsqu’un soir, il envoya une boulette (de trop) sur la tête du maître en train de stratosphériser. Mais on lui doit pendant son séjour dans l’orchestre de beaux arrangements et ce délicieux I beeped when I shoulda bopped, qui résumait à merveille la position de Cab Calloway.
Si vous ne dressez pas la tête en entendant ce Limehouse blues endiablé, ou ce Cupid’s nightmare, si vous ne frissonnez pas d’aise avec cet envoûtant Lonesome nights où Chu rivalise en suavité avec les plus grands ténors Ben Webster et Coleman Hawkins, passez votre chemin et abandonnez l’ idée de comprendre un jour ce que fut le jazz dans sa très grande époque…
Donc on récapitule : une BD savoureuse et très actuelle, un fameux petit lexique de l’argot des musiciens de jazz (d’ « alligator » à « zoot suit » sans oublier « reefer »). Une mine d’informations avec une iconographie originales . Une sélection musicale excellente avec en final, un époustouflant Ain’t necessarily so, un des « tubes » de Porgy and Bess : version hilarante, déjantée, où Cab, souffle, éructe, se gargarise , avec des outrances qui pourraient être comparées avec ce que fit (plus tard) Screaming Jay Hawkins dans le célèbre I put a spell on you . Cab Calloway, l’une des gloires avec Lena Horne du film musical Stormy Weather, allait influencer le rap, le hip hop, Michael Jackson et apparaître dans une scène d’anthologie du film de John Landis, le célèbrissime The Blues Brothers en 1980, avec Dan Ackroyd et le regretté John Belushi.
Ce numéro de la collection Bd jazz, vraiment exceptionnel, trace un portrait attrayant et richement documenté de Cab Calloway, sans oublier l’un des aspects forts de cette période et de l’histoire du jazz, la ségrégation raciale.
Sophie Chambon
Il est bo, il est bo
Mais kil est bo le bibopo
Kil est bo kil est bo
Bo comme un grand bibopo
Le plus bo le plus bo
Le plus bo des bebopo
Ki peut donc
ki peut donc égaler le bibopo
Ya person ya person
Même bopette à la maison (
-sur l’air du lavabo ou du temps des cerises comme il plaira au Bibopo, que dis je, comme il plairait à votre Grace, Bibopo Vénéré).
TROP LA CLASSE ! Bon allez, raconte comment t’as eu ça…
La classe ! A garder précieusement !
Trop top bebop vu par Cabu ! La gloire enfin ?
Impressionnant ! Quelle célébrité ce Bibopo !!